expo Bestiaire Mythologique

Jean-Pierre Vaufrey

Né à Morteau (France) en 1951, ce sculpteur vit en Suisse depuis 1978. Autodidacte, il a notamment travaillé en collaboration avec Hans Ruedi Giger. Dès 2012, Jean-Pierre Vaufrey se détourne petit à petit de la science-fiction et se penche sur nos mémoires archaïques. Ses recherches et ses expérimentations donnent naissance à un bestiaire de créatures ressurgies des profondeurs de notre inconscient. Pour le sculpteur, le seul métal ne suffit plus : il faut que le temps y soit inscrit, qu’une âme y soit incrustée, que sa surface en porte les stigmates, qu’elle soit patinée, façonnée, corrodée par les âges. Sous la flamme du chalumeau, la peau de sa sculpture se fait géographie tactile, paysage sensoriel. Jean-Pierre Vaufrey exhume, déplie et redonne vie, dans une démarche d’initiation quasi alchimique. Stylistiquement, ses sculptures s’apparentent à l’Art Nouveau, que ce soit dans les ornementations florales, dans ’esthétique des courbes et des arabesques, ou dans la recherche chorégraphique du mouvement.

 

Anne-Sylvie Casagrande

Née à Nidau (BE) en 1967, cette musicienne étudie le piano et le chant dans les Conservatoires de La Chaux-de-Fonds, de Bienne, de Lausanne et de Genève. Dès 2003, Anne-Sylvie Casagrande dévie de sa trajectoire classique. Elle partage désormais sa vie entre la scène et la composition, particulièrement intéressée par l’exploration de la voix humaine, des langues imaginaires et des vieux instruments. Hypnotique et inclassable, son univers musical surprend l’auditeur et le convie à un voyage vers les terres du dedans, là où règne l’émotion. Passionnée par les réminiscences du sauvage enfoui en nous, elle a trouvé en Jean-Pierre Vaufrey un compagnon d’intuition. Le défi de mettre en musique ces créatures « gardiennes » équivaut pour elle à réveiller leur sensualité dangereuse tout en exacerbant leur symbolique fondamentale. Comme le sculpteur, la musicienne soude ses matières en superposition : les ambiances bruitistes évoquent la peau de l’animal, ses écailles, ses piquants, sa rugosité. Puis la rythmique vient suggérer son mouvement et les torsions de sa musculature. Enfin la mélodie, découpée au chalumeau, traduit la voix de la bête, sa respiration intime et son message.

 

 

La Vouivre

2017, fer, cuillères et pierre de lune

La Vouivre est une sorte de dragon ailé qui porte une escarboucle sur le front. Aquatique, elle est associée au féminin et aux Déesses-Mères.

Son mouvement ondulatoire évoque l’énergie sexuelle, à la fois créatrice et destructrice.

Echappant à toute notion de bien ou de mal, la Vouivre a un aspect dangereux et dévorant, car elle peut engloutir la conscience et l’entraîner dans la folie. Sa maîtrise est une initiation.

 

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Le Cerf

2018, métal, os et cornes

Le Cerf éveille en nous un bouleversement transmis par le sang et venu tout droit de nos ancêtres.

Notre fascination envers cet animal rejoint, à travers les millénaires, celles des premiers chasseurs de la préhistoire.

Les bois qui ornent son front évoquent le principe actif masculin. Leur renouvellement périodique, la puissance de son brame et le caractère tumultueux de ses amours font de cet esprit de la forêt un symbole de fertilité.

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Griffe de Dragon

Dans la tradition occidentale, le Dragon possède le corps d’un serpent, les ailes d’une chauve-souris et les griffes d’un aigle.

Signe graphique élémentaire associant de vieux outils humains dédiés au travail, la Griffe de Dragon nous invite à creuser pour descendre en nous-mêmes.

Conçue comme un étrange instrument de mesure, la Griffe pointe alors sur un cadran et nous permet peut-être, selon son réglage, de retrouver le territoire sacré et hors du temps qui abrite notre nature immuable.

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Fáfnir le Dragon

Dans la mythologie scandinave, Fáfnir est un nain qui s’empare du trésor maudit de son père. Il se transforme alors en dragon et se couche sur l’or pour le protéger. Fáfnir sera plus tard tué par l’épée d’un maître-forgeron.

Le regard du Dragon fascine comme celui du serpent. Le mot grec Drakon vient de Derkomaï, fixer d’un regard perçant. Le dragon ne dort jamais. Il voit tout et sonde jusqu’aux tréfonds de l’âme humaine.

Boire le sang du dragon permet d’entendre le langage des oiseaux.

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